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"Radiance" - Keith Jarrett

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Nous voila prévenus. Cet extrait de la préface publié dans le livret est très important, il nous livre l'état d'esprit de Keith Jarrett avant l'expérience qu'ont constitué ses concerts solo à Osaka et Tokyo.

Et ce dont il nous parle n'est pas rien. Comment faire abstraction des concepts ? Comment communiquerait-on si le concept "temps" ou "espace" n'existait pas ?
Le souci de l'absence de motifs n'est il pas lui même un motif ?
"Le concert de Cologne, qui, à l'époque, avait été pour moi un acte de liberté, était devenu ma cage. J'ai dû le tuer. ... Je me mettais au piano en étant conscient de ce que je ne voulais plus entendre, mais sans savoir encore ce que je voulais entendre. Cela a pris des mois: je revenais toujours à mes vieux clichés. Dès que j'en entendais un arriver, je m'arrêtais... et recommençais"*

La plupart des concerts solo de Keith Jarrett SONT justement la recherche, puis le développement d'un "thème", d'un motif mélodique ou rythmique. Le génie de l'improvisateur est dans l'exploitation de ces motifs, ce qu'il en extrait est du pur jus de musicalité.
C'est donc à l'opposé de ce qui a fait sa renommée que Keith Jarrett est parti ces soirs làs.

C'est certainement très intéressant mais ça donne quoi la musique issue de cette démarche ?
En ce qui me concerne, l'écoute provoque une succession de moments de réflexion perplexe et d'émerveillements. Malheureusement, et c'est là que la démarche de Keith Jarrett est restée stérile, c'est quand le pianiste retrouve ses canvas et que chaque son est lié au suivant que j'ai pris du plaisir.
Dans cet enregistrement son intellect est au service d'une expérience dont le postulat, même s'il est intéressant, engendre parfois un art inaccessible. Des compositions dont les tensions ne se résolvent jamais mais s'enchaînent et...fatiguent.

En réalité les pièces qui s'inscrivent dans cette démarche ne sont pas si nombreuses et ont fait de la place à des compositions merveilleuses :
A Osaka, Part 3, Part 8 , Part 9.
A Tokyo, Part 11, Part 13.
Perdus au mileu de cela vous retrouverez l'ambiance des concerts de Paris ou Cologne sur les plages Part 12 et Part 17 .

Le contraste de cet enregistrement est troublant mais Keith Jarrett a retrouvé son énergie et c'est bien là le principal.

*Extraits de l'interview accordé par Keith Jarrett à Paola Genone pour le magazine l'Express et publié le 9/05/2005.